La fin du monde était hier J15 P3

Jour 15

 

Faute d’une idée précise du bâtiment je savais, pour l’avoir visité de long en large (ou presque) qu’il était construit sur quatre niveaux.  Le troisième niveau, ce que j’appelais moi le premier étage sans vraiment savoir où j’étais vis à vis du sol, était le niveau des chambres ainsi que de la salle de réunions dont j’étais sorti il y avait plusieurs heures déjà. De toute façon j’ai déjà accepté.

Le quatrième niveau possédait plusieurs grands bureaux dans lesquelles de petits groupes devant des tableaux, des dossiers ou des vidéo-projections discutaient sérieusement. Projeté sur un mur, il me sembla sous une carte lire : Performance et emplacement des différentes sources énergétique. Lorsque les trois personnes dans le bureau me virent ils éteignirent immédiatement la projection m’offrant un visage couvert de suspicion. Je n’ai pas d’autre solution. Et je dois avancer.

Au second niveau, l’ambiance semblait moins lourdes, peut-être était-ce dut aux rires des enfants qui emplissaient les couloirs en sortant des deux salles de classes. A première vue, deux catégories d’âge différentes. Le bruit sourd que j’avais entendu hier en traversant le bâtiment dans le noir venait de ce niveau, c’était une sorte d’immense four. Dans cette pièce, ou ma nouvelle vision en noir et blanc était associée à ma vision naturelle qui pour le coup m’était rendu grâce à la lumière rougeoyante de l’incandescence du four. C’était une forge, dans des chaudrons ondulait liquéfié et rougie le métal en fusion, des personnes saisissaient les chaudrons du four avec d’étranges pinces, visiblement calorifugées, pour en verser le contenu dans ce qui devaient être des moules. Est-ce plutôt des objets ou des armes qu’ils fabriquent ? Bah… Peu importe .Il y avait à ce niveau, cantine et cuisine avec chambres froides et suffisamment de place pour nourrir tout le petit monde vivant là.

Près des deux gardes surveillant l’escalier menant au dernier niveau où je n’ai pu accéder il y avait un autre local. A l’intérieur une douzaine de personnes, hommes et femmes de tout âge travaillaient le textile, il y avait le bourdonnement des machines à coudre ainsi que le tic-tac des aiguilles à tricoter ainsi que d’autres bruits, d’autres actions que je ne saurais définir faute de mon incompétence en la matière. Au fond de la pièce, sur ma gauche étaient installées de grandes étagères dont débordaient habits, linges et coussins.

« Nous sommes en mesure de vous amener jusqu’à des personnes qui sauront vous dire qui vous êtes. » m’avait dit George. Je ne savais d’ailleurs pas quoi penser d’une telle affirmation. « Seulement en y arrivant vous devrez nous présenter à ces personnes et leur demander d’écouter ce que nous avons à dire. ». Comment des gens dont mon souvenir ignore l’existence pourraient écouter ce que j’ai à dire, inconcevable, mais il ne me semblait pas que j’eus le choix. « Avez-vous, vous-même une idée de qui je suis pour me demander un tel service ? Dis-je, sans trop d’assurance.

-          Nous savons quel groupe vous fréquentez… Et une petite idée de qui vous êtes.

-          Pourquoi ne me dites-vous rien alors ?

-          Une de mes réponses entrainera à coup sur de nouvelles questions n’est-ce pas ?

-          Probablement.

-          Et bien ces autres questions, je ne suis pas sûr de pouvoir y répondre. Alors attendez le bon moment pour vos questions. Attendez d’être face à une personne qui aura les réponses. »

Quelque part j’étais toujours ébahi par la repartie et l’à propos de George, mais à des moments comme celui-là, ça me mettait hors de moi. Silencieux, je ruminais intérieurement mon déplaisir. Puis je compris qu’une autre de mes interrogations restait sans réponse. « Vous m’avez bien dit qui vous étiez, mais que faites-vous à l’extérieur de ses murs ? Quel rôle vous voyez vous jouer dans ce monde de ténèbres ?

-          Nous nous éparpillons Monsieur, nous regardons, analysons. Ce que nous faisons ? Nous cherchons les raisons qui ont poussé le soleil à ne plus se lever. »

J’étais devant la porte de ma chambre en repensant à tout ce qui m’était arrivé, immobile. « Demain. » m’avait-il dit, « Demain nous devrions atteindre la cité blanche. ». Un pincement au cœur quand je repensais à David et Robert. « Rêverais-je les taudis de Halles ? » me demandais-je. Et foutre diable, pourquoi ne me rappelais-je toujours d’aucun détail de ces dernières années. Vers quoi avançais-je ? Et étaient-ils sûr de vers qui ils m’amenaient ? Parce qu’après tout, j’étais bien seul lorsque je m’étais relevé aux milieux des gravats il y a quinze jours. Ils disent que je fréquente un groupe… Une question et une affirmation me sautèrent dessus : Était ce vrai ? Et « Fréquentez. », l’intonation qu’il utilisa me fis croire l’espace d’un instant que pour lui, ma solitude était très récente. Je ne sais plus quoi penser.

Je ne n’y avais pas prêté attention, mais lorsque je me fus déshabillé et couché le sommeil vint me prendre au premier clignement de paupière, l’utilisation de ma nouvelle perception m’avait exténué.

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