La fin du monde était hier J16 P1

Jour 16

 

Il y avait une grande porte devant laquelle étaient garés six véhicules tous terrains et un véhicule amphibie. Ce quatrième niveau que je découvrais n’avait pas de cloison. A première vue nous étions une vingtaine à attendre au centre de l’immense pièce. Au fond, barrant la pièce dans sa largeur s’érigeait une grille. Derrière elle se tenaient à distance égale les unes des autres des files de meubles fins. D’où je me tenais, je ne pouvais voir que la tranche de ces meubles que j’imaginais être des étagères. Mais pour ranger quoi ?

George arriva par l’escalier, seul accès à cette pièce, avec un des deux jumeaux que j’avais pu voir dans la salle de réunion la veille. Ils briefèrent le groupe de vingt qui était autour de moi sur ce qui m’avait été dit la veille. C’était une expédition qui devait nous mener jusqu’à la ville de Velicanbiely, la cité blanche. Alors qu’ils avançaient dans l’explication, s’ajoutèrent des détails que j’ignorais : un homme nommé Jack était partis prévenir ce qu’ils appelaient le gouvernement de notre arrivé ; il se pourrait que des membres de la firme nous attendent quelque part à l’extérieur. Autant de détail qui ne me disait rien.

J’essayais de retenir les visages présents dans la pièce. Les paroles prononcées par George devinrent des bruits d’ambiances tant j’étais concentré à ma tâche. Contrairement à ce que j’aurais pu imaginer, peu avaient l’allure de monstres. Certains se montraient pustuleux, d’autres légèrement difformes : l’un avait le cou très court et musculeux, un autre des épaules, bras et pectoraux hypertrophiés au regard du reste de la personne (il devait pouvoir lever des poids très importants.). Ça me prendrait nombres de pages que de décrire maintenant tous ces hommes plus surprenant les uns que les autres mais quelque part si normaux, alors je m’arrêterais là.

L’armurerie… C’était ça les étagères au fond de l’énorme pièce Je n’avais pas entendu mais George devait m’apostropher car tous se tournèrent vers moi. « Concentrez-vous sur ce que je dis et pas sur ceux qui vous entourent monsieur. Me dit-il avant d’ajouter : chacun recevra son équipement à l’armurerie. ».

. Les hommes se dirigèrent d’un seul pas vers la grille tenue par ce que j’appellerais le magasinier. J’allais m’y rendre à mon tour quand George posa sa main sur mon épaule. Je ne l’avais pas vu s’approcher de moi. « Nous partirons d’ici à pied, me dit-il. Je sais que vous n’avez rien écouté. Des véhicules nous attendent à quelques dizaines de kilomètres d’ici, démarrer les moteurs dans notre bastion pourrait nous trahir. Allez-vous équiper comme bon vous semble, la nuit réserve toujours des surprises. »

Avançant vers les grilles, les premiers équipés revenaient vers le centre de la pièce. Certains avaient choisis des pistolets mitrailleurs, d’autres des fusils automatiques mais tous avaient en sus un couteau dont le fourreau était accroché à la ceinture. La majorité avait laissé pendre le fourreau le long d’une jambe, les plus fantaisistes le laissaient pendre sur la face ou l’arrière du pantalon. Arrivant devant le magasinier, je fus déstabilisé à la vue de l’arsenal. « Un revolver… Et un couteau. »

Quand tous nous fûmes équipés et regroupés, nous suivîmes le jumeau qui s’appelait Karl. Deux hommes du groupe entrouvrirent la grande porte dans un grincement métallique, passer cette dernière, nous nous retrouvâmes dans un tunnel. Etayée par des poutres en bois à distance régulière, la structure que nous traversions était creusée dans la terre brute et de-ci de-là pendaient des racines qui, jadis, avaient dû alimenter des arbres gigantesques.

Tôt après notre départ, le tunnel pris une légère pente montante et suite à une marche de plusieurs minutes un courant d’air commença à caresser notre chair. L’extérieur… Il n’y avait plus rien, seul restaient les minéraux, pas d’herbe, pas de mousse, pas d’arbre, le désert. Nous avions du marcher un peu plus longtemps que je ne me l’étais imaginé car pas un centimètre du bâtiment n’était visible lorsque nous étions à la surface.

Le sol me paraissait dur, compact, alors qu’à sa surface une multitude d’agrégats terreux laissaient penser que nous marchions sur des graviers, mais ce n’était pas le cas. Comment la vie peut-elle encore être dans un tel environnement ?  L’atmosphère était encore lourde et l’on entendait tonner au loin. C’était bizarre de voir le paysage comme cela, des lignes horizontales ondulantes coupées par les seules lignes verticales des corps humains en mouvement. La conscience du temps m’avait quitté lorsque je vis les corps se courber et la rumeur souffler : « Nous arrivons. ».

Comme creusé dans la terre, nous pénétrions, cet énorme sous-sol où nous attendaient une fourgonnette et deux gros pick-up. Rapidement, les hommes montèrent dans les véhicules et les moteurs grondèrent. J’étais dans la caisse d’un des deux pick-up avec le jumeau Karl et George qui lui était dans la cabine. Les véhicules gravirent la courte pente lentement et s’engagèrent en accélérant sur ce qui ressemblait à un sentier. La fourgonnette était à une dizaine de mètres devant nous et d’autant derrière le premier pick-up quand, dans une détonation assourdissante, elle explosa.

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